Guide du patrimoine : le canton de Ploudalmézeau

mardi 2 août 2011
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Notre canton de PLOUDALMEZEAU se trouve à l’angle nord-ouest du Finistère, dans le pays de LEON. Il comprend, outre le chef-lieu, les communes de LAMPAUL, SAINT-PABU, PLOUGUIN, TREOUERGAT, PLOURIN, BRELES, LANILDUT, PORSPODER et LANDUNVEZ.

La côte rocheuse, superbe, qui le ceint de l’Aber-Benoît à l’Aber-Ildut, à la limite entre la MANCHE et l’ALTLANTIQUE, est profondément indentée en rias, en criques, en pointes, en petites presqu’îles. Une multitude d’îlets et de récifs la débordent.

Le long de la côte, la navigation est délicate du fait du relief tourmenté des fonds, du fourmillement des "cailloux" que la marée couvre ou découvre plus ou moins, des courants violents de flot portant vers l’île Vierge et de jusant portant vers SAINT-MATHIEU, de la brume assez fréquente, de la houle qui se creuse à l’accore des basses. Elle est cependant aidée par un balisage abondant d’amers terrestres, de bouées, de tourelles et par des feux nombreux dont les plus puissants sont au nord-ouest le phare de l’île Vierge, au sud-ouest le phare du Four et sur OUESSANT le phare du Stiff.

Les eaux, qui restent à une température relativement fraîche même en été, sont riches en poissons (lieu jaune, bar, vieille, congre, maquereau, mulet), en crustacés (araignées, crabes, crevettes), en coquillages (bigorneaux, berniques), en algues.

La vie maritime a été active chez nous depuis des temps très anciens, avant même les migrations celtes. Comme les moines de CORNOUAILLES, du PAYS-DE-GALLES et d’Irlande qui ont évangélisé l’Armorique, les navigateurs de ces époques étaient portés par des esquifs en peau lestés de gros cailloux ("les auges de pierre" de la légende hagiographique).

Durant le Moyen-Age, des navires armés à PORTSALL, à LANILDUT, à ARGENTON, à PORSPODER, se livraient au cabotage international de la GALICE jusqu’en ANGLETERRE et aux PAYS-BAS, transportant surtout du vin de GASCOGNE, de CHARENTE, et de la LOIRE, mais aussi du sel de GUERANDE et des toiles d’ARMORIQUE et d’ANGLETERRE. Nos ports, quoique modestes, ont contribué jusqu’à la révolution à participer au trafic commercial maritime.

Bien entendu, la pêche côtière a toujours constitué une ressource importante pour les habitants. Nos vieux concitoyens peuvent se rappeler les barques noires d’avant-guerre, gréées d’un mât amovible et de voiles rouge-brun, sentant une bonne odeur de coaltar, qui se nichaient dans toutes les criques offrant un abri. De nos jours, la pêche est pratiquée par des embarcations à moteur, à la ligne ou au casier, et par quelques petits chalutiers ; peints en couleurs vives, les bateaux sont armés le plus souvent par des hommes revenus chez eux après avoir fait carrière dans la marine de l’Etat ou du commerce.

Les Abers servent de port d’attache ou de zones de dragage des sabliers.

Quant aux algues, elles étaient autrefois récoltées le long du rivage à des époques déterminées par les autorités locales ; hissées à dos d’homme sur la dune, elles servaient de combustible et d’engrais. Plus tard, elles furent brûlées dans des fours en pierre pour produire de la soude et transportées dans une usine installée à PORTSALL pour en extraire de l’iode. Puis, on utilisa des embarcations ainsi qu’un dispositif de potences sur la falaise, de poulies et de câbles tractés par des chevaux. Maintenant, les goémoniers sont mécanisés ; leurs canots à moteurs sont munis de bras articulés terminés par des cisailles et le chargement est transbordé à quai sur des camions.

Par les belles journées de vacances, les voiles blanches des plaisanciers égayent la mer et les engins de sport animent les plans d’eau abrités. Par contre, depuis que les règlements de la navigation imposent aux navires de donner un large tour à OUESSANT, l’horizon est devenu vide, alors que l’on pouvait suivre autrefois la progression des bateaux entrant en MANCHE ou en sortant. Le chenal du Four n’est plus fréquenté, tandis que dans les premières décennies du siècle il était emprunté, tirant d’eau et longueur permettant, par des bâtiments de guerre, par les cargos relâchant à Brest et par ceux de faible vitesse qui voulait économiser des milles entre le Golf de GASCOGNE et la MANCHE en profitant des courants de marée favorables. Et si on remonte à une époque plus lointaine, quel devait être le spectacle de notre mer lorsqu’une flotte considérable de caboteurs à voile "écraseurs de crabes" desservait tous les ports de l’EUROPE !

Cependant, même dans la bordure littorale de la BRETAGNE, les marins ne constituent qu’une faible part de l’ensemble de la population. Les paysans sont plus nombreux et, dans notre circonscription, la culture des pommes de terre, des choux-fleurs, des artichauts, de l’ail, du blé et des tomates en serre sont prospères, ainsi que l’élevage de porcs, de poulets et de bovins. En revanche, le lin et le blé noir ont disparu et les chevaux de trait subsistant ne se voient plus guère que le jour de la foire annuelle.

Comme ailleurs, depuis une trentaine d’années beaucoup de choses ont changé dans notre pays, dont l’aspect a été modifié par le remembrement du sol, l’arasement des talus, l’érection des châteaux d’eau et la prolifération des poteaux électriques. Fini le temps des chemins de terre encombrés par des troupeaux de vaches ! Oublié le train à voie étroite qui reliait BREST à PORSPODER en folâtrant de bourgade en bourgade ! Relégués au folklore les coiffes distinctives de la région, les pardons traditionnels avec leurs bannières, châles et tabliers des femmes rivalisant de broderies !

Pourtant la langue bretonne est encore couramment parlée, avec l’accent rugueux et fortement accentué du Léon, et quelques écoles "Diwan" l’apprennent aux enfants. Le pullulement des maisons neuves, l’arrangement soigné des jardins et la réfection de beaucoup d’anciennes fermes avec des préoccupations esthétiques donnent une impression d’aisance. Nombreux sont les retraités qui se sont installés dans nos communes, les citadins qui y ont acquis une résidence secondaire. Le commerce local s’est développé en conséquence, les organismes publics se sont multipliés et les routes ainsi que les lieux touristiques sont parfois bien encombrés.

Mais ceux dont nous sommes les héritiers et dont nous trouvons certains souvenirs au cours de nos promenades, quelle a été leur histoire ?

Il y a plusieurs millénaires, alors que le niveau de la mer était plus bas qu’actuellement, des hommes sont parvenus jusqu’à la barrière de l’Océan. Ils ont dressé des mégalithes, tels que dolmens et menhirs, dont des exemples particulièrement nombreux subsistent sur notre sol, et laissé des vestiges funéraires et religieux.

Les Celtes sont ensuite arrivés à partir du VIème siècle avant J.C. et on désigne sous le nom d’Osismes les Gaulois qui habitaient l’ouest de l’ARMORIQUE avant l’irruption des armées de Jules César. Il nous reste d’eux des stèles et des poteries.

La colonisation romaine a peu marqué matériellement notre canton qu’aucune grande voie de communication ne traversait ; des monnaies et des céramiques ont cependant été retrouvées en certains endroits. Grâce à la "Pax Romana", un commerce maritime s’établit entre l’ARMORIQUE et la "BRITANNIA".

Les invasions germaniques n’arrivèrent pas jusqu’ici, mais, pendant quelques siècles, des va-et-vient de populations semblent avoir eu lieu entre les deux rives de la MANCHE Occidentale, à la suite d’incursions de pirates arrivant de la mer, et surtout, vers le VIème siècle, par contrecoup de la pression des Angles et des Saxons en Grande-Bretagne qui provoque une migration massive des Bretons insulaires vers l’Armorique.

Plusieurs moines mystiques et ascétiques venant des îles britanniques apportèrent le catholicisme dans le pays de LEON ; ainsi, un abbé gallois du nom d’ARZEL débarqua dans l’Aber-Benoît, POL AURELIEN toucha terre aux environs de PLOUDALMEZEAU et BUDOC, venant d’Irlande, à PORSPODER. Dès le VIème siècle, notre contrée était évangélisée au moins partiellement, puisque TANGUY, fils du seigneur de TREMAZAN et meurtrier de sa sœur HAUDE, fonda à cette époque l’abbaye de SAINT-MATHIEU. Des croix en granit commencèrent à jalonner les chemins.

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Le Moyen-Age, pendant lequel le Léon fut érigé en vicomté, a été une période de prospérité pour la Bretagne alors indépendante, mises à part cependant les dévastations causées par les partis français et anglais. Les ruines imposantes du château de TREMAZAN près de KERSAINT, témoignent de la puissance de la famille du CHASTEL dont certains membres s’illustrèrent au-delà de la BRETAGNE, en FRANCE et en ITALIE.

Les manoirs construits au cours des siècles qui ont suivi – grandes fermes plus que châteaux – étaient généralement fortifiés et pouvaient servir de refuge aux gens du voisinage contre les agressions venant de la terre ou de la mer : tels, par exemple, Kereneur, Kergadiou, Kervezennec, Pratmeur. Eglises aux clochers effilés et chapelles éparses se multiplièrent sur notre sol.

Après le traité d’union entre la BRETAGNE et la France en 1532, le sort de notre petit pays suivi celui du grand royaume et son économie connut des hauts et des bas. La Révolution semble y avoir été bien accueillie au début, spécialement dans le milieu maritime des ports. Mais dans la suite, quand BARBIER, maire de PLOUDALMEZEAU, eut été destitué et envoyé à l’échafaud, les mesures prises par le nouveau régime, réquisitions, conscription, suppression des droits et franchises de la province, persécution religieuse, mécontentèrent vivement la population sans pourtant qu’elle donne dans la chouannerie. Le blocus de la flotte anglaise pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire provoqua une récession dont le pays souffrit au début du XIXème siècle.

Depuis lors, l’histoire locale se fond de plus en plus dans l’histoire nationale et elle en subit les traverses.

L’augmentation des loisirs, une curiosité d’esprit bénéfique, un certain désenchantement de la vie moderne, le désir de retrouver ses racines familiales qui marque beaucoup de nos contemporains, incitent à s’intéresser au passé et à en préserver les vestiges. Dans cet esprit, une liste de curiosités du canton a été dressée par communes. Les principales sont évoquées dans les chapitres suivants.


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